<b><font color ='#990033'>COMMENT REDUIRE L'ECART DE PRIX ENTRE CEDANT ET REPRENEUR</b></font> - L'évaluation d’une entreprise, même effectuée par des professionnels expérimentés, ne permet pas toujours d’éviter l'écart entre les prétentions du cédant et la proposition du repreneur.

Des techniques permettent de réduire cet écart, s’il s’inscrit dans certaines limites et que certains préalables sont réunis :

   -	<b>Ecart initial de 15 à 25 % maximum</b>. Au-delà, l’une des parties n’est pas de bonne foi ou s’appuie sur des données non fiables ou incomplètes (par ex. une « évaluation » fantaisiste ou partiale).

   -	<b>Le négociateur a assuré lui-même l’évaluation</b>, ou à défaut l'a validée et actualisée : il peut ainsi la défendre et en connaître les détails, notamment les éléments variables qui pourront devenir des axes de rapprochement. Il ne doit être missionné (par le cédant ou l’acquéreur) que pour la réussite de la cession, sans autres conflits d'intérêts.

   -	<b>L’écart doit être analysé en coût net </b>(acquéreur) ou revenu net (cédant), après frais, impôts, charges,  etc…) et calculé en fin d’opération (le cas échéant de façon prévisionnelle).  L’un des leviers de rapprochement réside en effet dans l’optimisation fiscale, sociale et patrimoniale (qu’il est bon d'analyser dès l’évaluation pour en tenir compte dans les négociations).

<b>1.	FISCALITE ET STATUT SOCIAL DE CHACUNE DES PARTIES.</b>
Il sera possible, sans transgresser la réglementation, de jouer sur des éléments contractuels annexes à la transaction (collaboration éventuelle du cédant). L’échelonnement des rémunérations, la prolongation ou le rachat de cotisations sociales de retraite peuvent être avantageux.
Inversement, certains repreneurs personnes physiques pourront bénéficier de mesures d’accompagnement et d’allègements de charges.

<b>2.	IMPUTATION DE CERTAINS FRAIS</b> : il peut être intéressant que la négociation s’effectue dans le cadre d’un mandat acheteur, pour imputer les frais correspondant à la holding de reprise, ce qui lui est généralement favorable (pour le cédant, le choix est pratiquement neutre, même s’il s’agit d’un particulier ne récupérant pas la TVA, car il peut imputer les frais TTC sur sa plus-value et ainsi obtenir un prix net plus élevé). 

<b>3.	PRINCIPE DE L’EARN-OUT</b> (complément de prix lié à un indicateur futur)
Généralement efficace pour réduire les écarts, il peut s’agir d’un intéressement :
-	sur les performances (CA, marge, résultat …) d’une période déterminée (exercice(s) suivant la cession ou fin de l’exercice en cours).
-	sur des paramètres spécifiques (encaissement de créances douteuses, liquidation d’un stock excédentaire, aboutissement d’un contentieux, concrétisation d'un marché,  clôture d’un chantier, etc…).
Il ne doit pas être confondu avec la garantie de bilan : il s’agit ici d’éléments déjà identifiés, auxquels l’acquéreur souhaite associer le cédant et qui permette d’accepter (ou de se rapprocher de) son prix, sous réserve de leur confirmation.

<b>Le complément de prix présente l’avantage :</b>
-	pour l’acquéreur : de réduire le risque de surpayer l’entreprise, tout en différant une partie du paiement.
-	pour le cédant : de rester imposé sous le régime des plus-values (généralement plus favorable qu’une rémunération), sans générer d'autres liens contractuels après la cession. De ce point de vue, il peut même être intéressant d’accepter un complément de prix plutôt que de s’attribuer une rémunération avant la cession (prime de bilan par exemple).

<b>Il présente l’inconvénient :</b>
-	pour l’acquéreur : d'assurer son financement, difficilement négociable par anticipation auprès des banques.
-	pour le cédant :  de décaler l’encaissement d'une partie du prix, avec un caractère aléatoire (inhérent au principe), souvent sans garanties fermes (pour la même raison que ci-dessus).
La solution technique de ce point de vue consiste mettre en place les financements initiaux sur la base du prix majoré, dont la part variable sera séquestrée dans l’attente de la confirmation des éléments attendus. Elle ne peut s’appliquer que pour des durées inférieures à 2 ans.
Au-delà, par exemple en cas de collaboration active du cédant à long terme, seuls l'autofinancement ou un apport supplémentaire du repreneur sont nécessaires.

<b>4.	PROPOSER AU CEDANT UNE PARTICIPATION A LA HOLDING DE REPRISE</b> : En réinvestissant une partie du prix (en général moins de 10 %), le cédant permet :
•	d’améliorer la confiance de l’acquéreur et des partenaires financiers, donc d’accepter plus facilement un prix jugé élevé
•	de réduire l’endettement et d’améliorer l’effet de levier, ce qui a pour effet de consolider le business-plan
•	de faire un excellent placement (sortie garantie à moyen terme), la plus-value représentant un équivalent du complément de prix et pouvant faire accepter un prix de base plus faible.
Cette solution nécessite naturellement un bon climat de confiance, notamment par la transparence qu'elle impose sur le montage juridique et financier de la reprise.

<b>5.</b>	Enfin, en cas de désaccord provenant de certains éléments (par exemple immobilier majorant la valeur mathématique), leur sortie du périmètre de cession peut être envisagée <b>(CESSIONS OU APPORTS PREALABLES)</b>, ce qui est facilité par l’évolution récente de la fiscalité. La concrétisation d’une plus-value latente peut en effet éviter de longs débat sur la valeur d’un actif, notamment si l’actif revient à cette occasion dans le patrimoine du cédant.








COMMENT REDUIRE L'ECART DE PRIX ENTRE CEDANT ET REPRENEUR
<b><font color='#990033'>OPTIMISER LA VALEUR D'UNE ENTREPRISE  :</b></font> - <b><font color='#990033'>Quelles actions mettre en place pour optimiser le prix de vente de son entreprise ?</b></font> 

1/   Une entreprise qui a de la valeur, c'est tout d'abord une <b><font color='#990033'>entreprise pérenne</b></font>, car l'acquéreur, qui se projette dans l'avenir, ne peut accepter un prix que s'il peut espérer à son tour une valorisation, si possible supérieure, lors de sa sortie.

La valorisation de l'entreprise doit donc être pour son dirigeant une préoccupation stratégique permanente : cela implique une gestion rigoureuse mais aussi des choix favorables au développement de l'entreprise, y compris après la cession.

<font color='#990033'>Première règle :</font> il faut favoriser et démontrer cette pérennité, qui concerne toutes les fonctions :

<font color='#990033'>- marketing :</font> équilibrer le portefeuille d'activités (sans se contenter des 'vaches à lait') en abordant les marchés d'avenir, maintenir l'effort de communication (notoriété et image) pour affirmer clairement le positionnement de l'entreprise (ce sera un atout majeur pour séduire un repreneur).

<font color='#990033'>- commerciale :</font> équilibrer le portefeuille clients (lisser la courbe de clientèle, réduire les créances douteuses), adapter la force de vente et le système de distribution

<font color='#990033'>- technique :</font> poursuivre les investissements, éviter l'obsolescence des installations et méthodes, 'nettoyer' les actifs inutiles ou non conformes aux réglementations. Pour l'industrie, ce dernier point est désormais particulièrement sensible et il est préférable de le traiter avant la cession (les travaux, ou au moins les devis de mise en conformité, sont un atout lors des négociations; leur absence est un handicap qui peut amoindrir considérablement le prix, indépendamment des conséquences de la garantie de bilan).

<font color='#990033'>- social :</font> veiller à la pyramide des âges et des compétences, recruter des éléments stables, attachés à l'entreprise et non à son dirigeant, s'efforcer de déléguer à une structure, même restreinte, capable de relayer le dirigeant (l'existence d'un 'n° 2' dans une PME est un facteur de réussite lors de la transmission).

<font color='#990033'>-  juridique :</font> adapter la structure à l'activité et à la taille (par ex. regrouper des sociétés ou établissements issus d'un contexte historique périmé), résoudre les éventuels litiges et conflits en cours.

Bien sûr, l'optimisation de toutes ces fonctions ne peut se faire dans l'urgence d'un calendrier de cession à court terme. Elle doit donc être permanente et surtout accentuée dans un délai raisonnable de 1 à 2 ans avant l'échéance souhaitée (par ex. le recrutement ou la formation d'un second).

2/   Une entreprise de valeur est bien sûr aussi une <b><font color='#990033'>entreprise rentable</b></font>

L'évaluation d'une entreprise dépend essentiellement de ses <font color='#990033'>résultats</font>.
Mais il faut bien distinguer les résultats comptables et la <font color='#990033'>capacité bénéficiaire réelle</font>.
Il serait peu utile, par exemple, de modifier la répartition entre le revenu d'activité du dirigeant et ses dividendes, pour majorer le résultat, car un retraitement sera effectué en fonction d'un revenu de référence 'normal'.
De même, certaines économies de charges, préalables à une cession (par ex. réduction des budgets publicitaires ou d'entretien), seront considérées comme artificielles, voire préjudiciables, et en partie retraitées.
En revanche, la révision de certaines postes, auparavant admis par habitude ou laxisme (déplacements-réceptions, assurances, honoraires,…) ou peu nécessaires à l'exploitation, est bien sûr à conseiller, car elle permet une <font color='#990033'>meilleure lisibilité des comptes</font>, surtout si elle a pu être démontrée sur au moins un exercice entier.


3/  Enfin, la valeur de l'entreprise dépend de sa <b><font color='#990033'>structure financière</b></font> et de la concordance entre les valeurs de rentabilité et mathématique (dite aussi patrimoniale).
Une trésorerie nette disponible (réellement excédentaire par rapport aux besoins d'exploitation) est un facteur favorable, qui démontre la capacité de l'entreprise à générer de l'autofinancement.
Mais si cette trésorerie est uniquement le reflet du passé, elle viendra gonfler la valeur mathématique de cession, sans que l'autofinancement futur suffise à rembourser la dette du repreneur.
En d'autres termes, une entreprise présentant un bilan 'trop riche' (capitaux propres, trésorerie), aura une valeur mathématique théorique élevée, mais peu finançable si la capacité bénéficiaire actuelle et future n'est pas en rapport (la valeur de rentabilité étant inférieure à la valeur mathématique, il n'y aura pas de 'goodwill').

L'optimisation de la valeur pourra être obtenue, d'une part en améliorant la <font color='#990033'>capacité bénéficiaire et l'autofinancement</font> (cf. supra 2/, mais c'est en principe la préoccupation quotidienne de tout dirigeant), et d'autre part en éliminant du bilan ce qui augmenterait artificiellement sa valeur mathématique ou perturberait son calcul (actifs hors exploitation, comptes-courants d'associés, stock et créances douteux, etc…).

Si les résultats des méthodes de calcul sont proches et cohérents, la <font color='#990033'>valeur optimale sera aisée à définir et à défendre</font> (un écart trop important entraînera des négociations difficiles ou un constat de non-finançabilité).

L'amélioration de <font color='#990033'>l'équilibre du bilan</font> est également à préconiser, notamment pour renforcer le fonds de roulement global et/ou la trésorerie s'ils sont insuffisants (reclassement de dettes financières, comme par ex. les comptes d'associés, en prêts à long terme; cession d'actifs immobiliers en lease-back; acquisitions en crédit-bail, etc…). 
Plus généralement, tout ce qui permet de rendre le bilan plus 'liquide', en générant une trésorerie excédentaire et distribuable, est favorable.


OPTIMISER LA VALEUR D'UNE ENTREPRISE :
<b><font color='#990033'>VENDRE à une PERSONNE PHYSIQUE ou à UNE ENTREPRISE ?</b></font> - <i>Pour un dirigeant de PME, le choix entre plusieurs profils de repreneurs est souvent cornélien : la priorité est souvent d'assurer d'abord la pérennité de l'entreprise, et le bon déroulement de sa transmission, mais il faut aussi tenir compte des éléments financiers et patrimoniaux</i>.

Le niveau de VALORISATION est le premier facteur d'influence du choix : 

<b><font color='#990033'>Au-delà de 5 M€</font></b>, les repreneurs individuels sont peu nombreux :
- Le cas échéant, et si l'entreprise présente un potentiel de développement rapide et démontrable, l'opération pourra néanmoins se faire avec l'appui d'un 'capital développeur' <i>(avec un risque spécifique d'échec des négociations et de mise en jeu de la garantie de bilan,  si l'accord n'est pas parfait entre le repreneur et son partenaire financier)</i>.

- Dans cette catégorie, c'est donc<font color='#990033'> la cession à une autre entreprise</font> qui apparaît comme la solution naturelle, l'intérêt stratégique et les économies d'échelle primant alors sur les aspects financiers à court terme.
Toutefois l'acquéreur, qui connaît le métier et le marché, peut adopter une attitude critique, et refuser de valoriser ce qui est peu stratégique ou banal pour lui, notamment en cas d'activités multiples. 
Cette solution permet en principe une analyse et des décisions rapides. Sinon, la sincérité des intentions de l'acquéreur peut être mise en doute et la prudence s'impose dans la délivrance des informations confidentielles : la société à reprendre n'intéresse-t-elle l'acquéreur que pour ses éléments incorporels (clientèle, marque, etc…), qui iront alimenter sa propre structure ?  Certaines reprises se réalisent ainsi en contradiction avec les intentions initialement affichées et avec les espoirs du cédant...

Dans le cas d'<b><font color='#990033'>une valeur inférieure à 3 M€</font></b>, la solution du <font color='#990033'>repreneur personne physique </font>est la plus fréquente. 
-	Dans ce cas, une survalorisation n'est pas envisageable, la finançabilité du projet créant une limite technique. Ceci est surtout pénalisant pour les entreprises ayant une valeur mathématique nettement supérieure à la valeur de rentabilité, qui pourront difficilement valoriser leurs actifs (alors qu'un repreneur 'entreprise' pourrait s'intéresser à ces actifs, même peu rentables à court terme).

-	Sur le critère de la pérennité, en revanche, un repreneur individuel bien adapté (expérience, aptitudes, business-plan) présentera le maximum de garanties, son projet s'appuyant généralement sur la structure en place.
-	Les négociations seront facilitées par la qualité et l'équilibre des rapports personnels, avant les aspects techniques ou juridiques, ce qui réduira aussi les risques de litiges ultérieurs.
-	Bien entendu, la décision d'un repreneur individuel est parfois longue et aléatoire (inexpérience du métier et des procédures de reprise, influence de l'environnement, notamment familial), mais la plupart d'entre eux ont désormais une approche réellement professionnelle, intégrant de plus en plus souvent une formation spécifique, et un accompagnement par un conseil spécialisé.

En résumé :
-	<font color='#990033'>La cession à une autre entreprise</font> peut permettre une décision rapide, avec peu d'aléas financiers, et dans certains cas (pour une PME performante et bien positionnée)une survalorisation. Elle peut en revanche nuire à la confidentialité (surtout si le projet n'aboutit pas), et à la pérennité de la structure.

-	<font color='#990033'>La cession à un particulier</font>, plus rassurante sur le plan de la confidentialité et de la pérennité, conduit à privilégier la valeur de rentabilité. Les négociations seront davantage fondées sur les éléments psychologiques, avec les risques mais aussi les avantages inhérents, le projet revêtant alors un aspect humain que de nombreux chefs d'entreprises souhaitent privilégier. 
VENDRE à une PERSONNE PHYSIQUE ou à UNE ENTREPRISE ?
<b><font color='#990033'>FAUT-IL CRAINDRE 'L'EFFET DE LEVIER' ou au contraire le RECHERCHER ?</b></font> - <i>L'acquisition par 'effet de levier' consiste à <b>optimiser le recours à des financements externes</b>, en complément des capitaux personnels du repreneur.
Le principe, notamment pour une cible très rentable, est de maximiser cet effet de levier en investissant le minimum de capitaux propres, le coût de la dette étant généralement inférieur à la rentabilité économique de l'investissement.
Le <b>profit final est ainsi augmenté</b>, mais les risques le sont aussi et l'accord des financeurs est lié à l'estimation de ces risques (et donc aussi aux garanties apportées).</i>

<b><font color='#990033'>PRINCIPE</b></font>
L'acquisition d'une entreprise nécessite généralement un financement par emprunts, voire, pour les opérations d'une certaine taille, l'intervention de partenaires associés en haut de bilan.

<font color='#990033'>L'optimisation de l'effet de levier</font> consiste à calculer les trois composantes du financement : capitaux propres personnels, apports de partenaires et emprunts.
En simplifiant à l'extrême, on peut dire qu'une entreprise dont la capacité bénéficiaire supporterait un endettement égal à 100 % de sa valeur d'acquisition, sans apports en capitaux propres, génèrerait l'effet de levier maximum.
En effet, au terme du remboursement de l'emprunt (généralement 7 ans), la holding de reprise aurait une valeur mathématique égale au minimum à la valeur initiale de sa filiale, sans avoir engagé de capitaux propres (en dehors de son capital social). 
Le rendement de l'investissement serait donc considérable.

Inversement, une holding qui financerait intégralement son acquisition sur fonds propres, bénéficierait de l'absence de frais financiers, et ses dividendes nets seraient donc plus importants, mais la plus-value à terme serait théoriquement nulle (en valeur mathématique et naturellement sans tenir compte de la progression éventuelle de la valeur de la filiale). 

<b><font color='#990033'>DANS LA PRATIQUE</b></font>

Les deux scénarii ci-dessus, bien que théoriquement possibles, sont exceptionnels, notamment le premier (les banques exigent une part minimum d'auto-financement, de l'ordre de 20 à 50 % minimum pour un projet classique, et rares sont les entreprises qui supporteraient un endettement de 100 % de leur valeur).
Le second est plus courant (holdings disposant d'un 'trésor de guerre', par exemple suite à une première revente). Mais ces holdings 'riches' s'endettent en général malgré tout, précisément pour bénéficier de ce fameux effet de levier, surtout quand les taux d'emprunt sont faibles.

<font color='#990033'>L'intérêt du repreneur</font> est de rechercher les cibles permettant un effet de levier SUPERIEUR à la moyenne, c'est à dire dégageant une capacité d'autofinancement (non seulement un résultat) suffisante et récurrente, et présentant par ailleurs une bonne structure de bilan, pour être en mesure  de rembourser un emprunt supérieur à ce que les fonds propres du repreneur nécessiteraient à priori.

Autrement dit, une 'belle cible' <i>(sur le strict plan financier, les autres paramètres du diagnostic étant naturellement à considérer)</i> doit permettre, pour générer un effet de levier intéressant, de ne pas consacrer tous ses fonds propres à l'acquisition, ou d'accéder à une taille de projet plus ambitieuse.

La notion d'EFFET DE LEVIER devient particulièrement intéressante en cas d'apport de capitaux externes, même limité (par ex. le cédant réinvestissant avec le repreneur, capitaux-risqueurs, love-money,..) car on peut grâce à ce principe, obtenir un emprunt plus que proportionnel. 
La plus-value potentielle et les dividendes devront certes être partagés, mais cet apport peut donner accès à des dossiers plus importants et surtout de rendement plus élevé.


Le raisonnement sur l'effet de levier se situe dans une <font color='#990033'>optique patrimoniale</font> (plus-value à terme), qu'il est bien sûr souhaitable d'intégrer à son projet dès l'origine, car les reventes au terme du financement (7 à 10 ans) sont désormais courantes. 

Il ne doit pas s'agir du critère principal, mais il peut permettre d'<font color='#990033'>orienter le choix entre plusieurs dossiers</font> d'intérêt économique similaire, certaines cibles 'supportant' un effet de levier plus important que d'autres.

Quand au RISQUE, il reste lié à la nature de l'activité, du marché et aux paramètres internes de l'entreprise, qui ne sont pas majorés par le montage financier en lui-même, s'il est bien étudié. 
Ce sont les conséquences du risque (dommages) qui peuvent être plus importantes, notamment si le repreneur a été contraint de fournir des garanties externes conséquentes.
FAUT-IL CRAINDRE 'L'EFFET DE LEVIER' ou au contraire le RECHERCHER ?
<b><font color='#990033'>COMMENT REPRENDRE A PLUSIEURS ASSOCIES ?</b></font> - Beaucoup de repreneurs écartent la reprise avec un ou plusieurs associés, souvent en raison d'une mauvaise expérience passée, personnelle ou vécue par un proche.

Certains serait prêts à l'envisager, soit avec un collaborateur de l'entreprise-cible, soit avec une relation personnelle ou professionnelle (collègue, membre d'un même club de repreneurs, etc...), mais très peu (10 à 15 %) font réellement une recherche active ensemble et en ayant un véritable projet commun, et le nombre de projets qui aboutissent est encore plus faible.

La raison réside dans la <b>complexité et dans les contraintes spécifiques d'une reprise à plusieurs associés</b>.

La motivation des 'repreneurs multiples' est toujours composée de trois éléments, dont la proportion influence la crédibilité du projet (aux yeux des intermédiaires, du cédant, et des financeurs) :

- <b>l'envie de 'faire quelque chose ensemble'</b> entre amis ou collègues, fondée sur la confiance, le partage des mêmes valeurs et une certaine complémentarité. Ces repreneurs sont prêts à partager le capital, le pouvoir, les risques et les revenus à parts égales. Ils connaissent bien leurs contraintes personnelles et ont déjà précisé les aspects financiers et juridiques, voire déjà constitué une holding.
Ces données favorables sont hélas souvent utopiques (compétences trop proches et inadaptées aux cibles compatibles avec leur apport financier, contraintes personnelles restreignant fortement le choix).

- <b>disposer d'apports financiers suffisants</b> pour accéder à des cibles plus importantes : cette motivation est fréquente chez ceux qui ont déjà été confrontés à la réalité du marché (les PME attractives nécessitent parfois un apport supérieur au niveau d'un repreneur isolé).
Mais très peu de PME offrent une rémunération conséquente à leurs dirigeants, et leur rentabilité provient souvent de la faiblesse, voire de l'inexistence, de structures d'encadrement, et de la forte productivité personnelle du dirigeant. Gérer la même entreprise à deux posera des problèmes financiers mais aussi de répartition des fonctions. 
Seules les PME d'une taille et d'une structure suffisantes peuvent remplir cet objectif, avec un effet de levier identique à celui d'un projet  classique. 

- <b>apporter des complémentarités professionnelles</b> pour élargir les champ des recherches et/ou réduire les risques du projet.
Cet argument peut  réduire les risques aux yeux des financiers. Il permet à un gestionnaire d'aborder des dossiers à dominante technique (BTP, industrie), en s'appuyant sur un spécialiste et correspond à une bonne analyse de la problématique des PME (absence de 'bras droit', de partage de compétences).
Le partage des rôles et responsabilités est assez aisé dans ce cas. 
La difficulté provient ici de la concordance des calendriers et motivations (l'associé minoritaire a souvent en alternative un emploi classique, peu compatible avec les délais souvent très longs d'une reprise, ou un projet personnel, de création ou de reprise, moins ambitieux mais indépendant).

Le succès d'un projet en commun repose donc sur le bon dosage des différents éléments :

nécessité d'une <b>connaissance et d'une confiance réciproques</b> fortes, d'un <b>partage de valeurs</b> et de <b>règles préalables</b> : les rencontres de circonstance, pour des motifs financiers notamment, paraissent en effet aléatoires. Il faudra les consolider par un véritable travail préparatoire en commun, et une présentation adaptée et argumentée (rien de pire que des associés potentiels avouant ne pas avoir encore défini de règles entre eux).

<b>calendriers compatibles</b> et de longue durée, pour surmonter les aléas des recherches et des négociations : l'idéal est qu'au moins l'un des acteurs reste en poste et n'intervienne que le moment venu, éventuellement dans un temps différent de son associé, lequel sera au contraire mobilisé pour étudier et saisir les opportunités intéressantes (qui nécessitent souvent des décisions et disponibilités rapides).

<b>cahier des charges sélectif</b> excluant les entreprises incapables de rémunérer normalement les nouveaux associés et de leur offrir des fonctions compatibles avec leurs compétences et motivations respectives. En cas d'absence de besoins immédiats (autres revenus externes, allocations), permettant d'attendre un développement de l'entreprise, attention cependant à certains secteurs d'activités qui génèrent un revenu nettement différé par rapport à l'investissement technique ou commercial, par exemple en cas d'activité saisonnière ou de cycle de production long (cf BTP). Les business-plan trop optimistes, surtout dans la conjoncture actuelle, seront critiqués et vite rejetés par les financeurs.

En résumé, <b>la reprise d'entreprise en commun n'est pas une panacée</b>.
Elle ne remédie que rarement aux contraintes financières, l'apport supplémentaire en fonds propres étant contrebalancé par le besoin de rémunération ultérieure.
Elle doit provenir d'une motivation moins 'opportuniste', et reposer principalement sur la connaissance, la complémentarité et la volonté de partage des acteurs (à ne pas confondre avec la crainte de l'isolement, compréhensible mais sans doute insuffisante et peu réaliste : un futur dirigeant de PME doit en effet l'assumer, car un associé est plus beaucoup plus qu'un conseil ou qu'un confident). COMMENT REPRENDRE A PLUSIEURS ASSOCIES ?



COMMENT REDUIRE L'ECART DE PRIX ENTRE CEDANT ET REPRENEUR

L'évaluation d’une entreprise, même effectuée par des professionnels expérimentés, ne permet pas toujours d’éviter l'écart entre les prétentions du cédant et la proposition du repreneur.

Des techniques permettent de réduire cet écart, s’il s’inscrit dans certaines limites et que certains préalables sont réunis :

- Ecart initial de 15 à 25 % maximum. Au-delà, l’une des parties n’est pas de bonne foi ou s’appuie sur des données non fiables ou incomplètes (par ex. une « évaluation » fantaisiste ou partiale).

- Le négociateur a assuré lui-même l’évaluation, ou à défaut l'a validée et actualisée : il peut ainsi la défendre et en connaître les détails, notamment les éléments variables qui pourront devenir des axes de rapprochement. Il ne doit être missionné (par le cédant ou l’acquéreur) que pour la réussite de la cession, sans autres conflits d'intérêts.

- L’écart doit être analysé en coût net (acquéreur) ou revenu net (cédant), après frais, impôts, charges, etc…) et calculé en fin d’opération (le cas échéant de façon prévisionnelle). L’un des leviers de rapprochement réside en effet dans l’optimisation fiscale, sociale et patrimoniale (qu’il est bon d'analyser dès l’évaluation pour en tenir compte dans les négociations).

1. FISCALITE ET STATUT SOCIAL DE CHACUNE DES PARTIES.
Il sera possible, sans transgresser la réglementation, de jouer sur des éléments contractuels annexes à la transaction (collaboration éventuelle du cédant). L’échelonnement des rémunérations, la prolongation ou le rachat de cotisations sociales de retraite peuvent être avantageux.
Inversement, certains repreneurs personnes physiques pourront bénéficier de mesures d’accompagnement et d’allègements de charges.

2. IMPUTATION DE CERTAINS FRAIS : il peut être intéressant que la négociation s’effectue dans le cadre d’un mandat acheteur, pour imputer les frais correspondant à la holding de reprise, ce qui lui est généralement favorable (pour le cédant, le choix est pratiquement neutre, même s’il s’agit d’un particulier ne récupérant pas la TVA, car il peut imputer les frais TTC sur sa plus-value et ainsi obtenir un prix net plus élevé).

3. PRINCIPE DE L’EARN-OUT (complément de prix lié à un indicateur futur)
Généralement efficace pour réduire les écarts, il peut s’agir d’un intéressement :
- sur les performances (CA, marge, résultat …) d’une période déterminée (exercice(s) suivant la cession ou fin de l’exercice en cours).
- sur des paramètres spécifiques (encaissement de créances douteuses, liquidation d’un stock excédentaire, aboutissement d’un contentieux, concrétisation d'un marché, clôture d’un chantier, etc…).
Il ne doit pas être confondu avec la garantie de bilan : il s’agit ici d’éléments déjà identifiés, auxquels l’acquéreur souhaite associer le cédant et qui permette d’accepter (ou de se rapprocher de) son prix, sous réserve de leur confirmation.

Le complément de prix présente l’avantage :
- pour l’acquéreur : de réduire le risque de surpayer l’entreprise, tout en différant une partie du paiement.
- pour le cédant : de rester imposé sous le régime des plus-values (généralement plus favorable qu’une rémunération), sans générer d'autres liens contractuels après la cession. De ce point de vue, il peut même être intéressant d’accepter un complément de prix plutôt que de s’attribuer une rémunération avant la cession (prime de bilan par exemple).

Il présente l’inconvénient :
- pour l’acquéreur : d'assurer son financement, difficilement négociable par anticipation auprès des banques.
- pour le cédant : de décaler l’encaissement d'une partie du prix, avec un caractère aléatoire (inhérent au principe), souvent sans garanties fermes (pour la même raison que ci-dessus).
La solution technique de ce point de vue consiste mettre en place les financements initiaux sur la base du prix majoré, dont la part variable sera séquestrée dans l’attente de la confirmation des éléments attendus. Elle ne peut s’appliquer que pour des durées inférieures à 2 ans.
Au-delà, par exemple en cas de collaboration active du cédant à long terme, seuls l'autofinancement ou un apport supplémentaire du repreneur sont nécessaires.

4. PROPOSER AU CEDANT UNE PARTICIPATION A LA HOLDING DE REPRISE : En réinvestissant une partie du prix (en général moins de 10 %), le cédant permet :
• d’améliorer la confiance de l’acquéreur et des partenaires financiers, donc d’accepter plus facilement un prix jugé élevé
• de réduire l’endettement et d’améliorer l’effet de levier, ce qui a pour effet de consolider le business-plan
• de faire un excellent placement (sortie garantie à moyen terme), la plus-value représentant un équivalent du complément de prix et pouvant faire accepter un prix de base plus faible.
Cette solution nécessite naturellement un bon climat de confiance, notamment par la transparence qu'elle impose sur le montage juridique et financier de la reprise.

5. Enfin, en cas de désaccord provenant de certains éléments (par exemple immobilier majorant la valeur mathématique), leur sortie du périmètre de cession peut être envisagée (CESSIONS OU APPORTS PREALABLES), ce qui est facilité par l’évolution récente de la fiscalité. La concrétisation d’une plus-value latente peut en effet éviter de longs débat sur la valeur d’un actif, notamment si l’actif revient à cette occasion dans le patrimoine du cédant.

 

 

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